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Derek Sanderson, joueur d’hockey et playboy

Si aujourd’hui, des joueurs d’hockey comme PK Subban ne se gênent pas pour se montrer devant la caméra, c’est grâce à d’autres qui l’ont fait auparavant. Jeremy Roenick? Wayne Gretzky? Un des premiers était Derek Sanderson des Bruins de Boston, véritable playboy à son époque.

Le « Turk » comme on le surnommait, était invité régulièrement à des émissions de télévision, a joué dans des films (photo ci-dessous) et il était copropriétaire de bar huppé avec Joe Namath, star du football. En 1972, il devint également le sportif le mieux payé de la planète grâce à un contrat de 2.6 millions de dollars avec les Blazers de Philadelphie de l’Association mondiale de hockey.

Crédit photo: Capture du film A Knife for the Ladies

Hockey junior et ses débuts dans la LNH

Né et élevé à Niagara Falls, en Ontario, il a joué son hockey junior pour la N.F. Flyers. En 1965, Turk mena son équipe à la Coupe Memorial, symbole de la suprématie du hockey junior au Canada et en 1967, il fut le récipiendaire du trophée Eddie Powers à titre de meilleur marqueur de la Ligue de l’Ontario.

Instinctivement, Derek a toujours compris la valeur d’être sur le « spotlight ». En 1966, la direction des Bruins de Boston, au beau milieu de la saison, a décidé d’organiser un match dans le Boston Garden entre les Niagara Falls Flyers dirigés par Sanderson et les Generals d’Oshawa dirigés par Bobby Orr pour montrer leurs talents émergents. Gagner cette partie n’était pas à l’ordre du jour pour Sanderson; attirer Bobby Orr dans une bagarre, oui. Les dépisteurs et les fans en ont pris note. Un an plus tard, les deux superstars en herbe étaient coéquipiers chez les Bruins.

Jouant avec les Bruins dès 1967-68, Sanderson marqua 24 buts avec 25 passes et remporta le trophée Calder en tant que recrue de l’année.

L’apogée de Derek Sanderson

Ces premières années à Boston ont été l’apogée de sa vie. La renommée et la fortune étaient au rendez-vous. Il conduisait une Rolls Royce argentée, possédait sa boîte de nuit et pouvait faire une belle entrée avec son long manteau de vison et une nouvelle dame au bras à tous les soirs.

Au bar Playboy de Montréal pendant le tournage du film l’Après-Ski – Fourni par Carole Charette

L’un des buts les plus célèbres de l’histoire du hockey est probablement celui de Bobby Orr dans les séries de 1970 contre les Blues de St-Louis. L’image de Bobby Orr volant dans les airs après avoir passé la rondelle derrière le gardien Glenn Hall est gravée dans l’esprit de la plupart des amateurs de hockey. Cette passe parfaite pour Orr venait du bâton de Derek Sanderson.

Derek Sanderson, l’athlète le mieux payé au monde

Après avoir remporté une deuxième Coupe Stanley, les fans de Boston ne pouvaient pas croire à la nouvelle cet été-là. Derek Sanderson avait sauté la clôture pour aller jouer dans l’AMH, signant avec les Blazers de Philadelphie pour 2,65 millions de dollars. Son nouvel accord, que les Bruins n’ont pas voulu égaler, a fait de lui l’athlète sportif le mieux payé au monde à l’époque.

À la soirée d’ouverture à Philadelphie, la glace renfoncait et les rondelles disparaissaient sous les bandes. Les arbitres ont été obligés d’annuler le match. En tant que capitaine des Blazers, Derek s’est senti responsable d’expliquer la situation aux fans. En guise de promotion, le club avait remis à chaque client présent une rondelle orange en souvenir. Alors qu’il commençait son discours au centre de la patinoire, une rondelle a été lancée dans sa direction pour protester contre l’annulation.

Après 8 parties avec les Blazers de Philadelphie, c’était déjà la fin. La patinoire lui donnait des maux de dos et son rendement n’était pas assez convenable pour la direction de l’équipe. Sanderson parviendra à soutirer 1 million de dollars pour voir son contrat rompu.

Crédit photo: Derek Sanderson Fan Club

La chute de l’athlète et le fond du baril

Comment l’athlète le mieux payé au monde, vainqueur de deux coupes Stanley et vedette à ses heures, a fait pour se retrouver fauché, alcoolique, toxicomane et dormir sur un banc de parc?

Son bar à Boston, ne l’a pas vraiment aidé. Les longues nuits de débauche avec la boisson et les femmes ont aggravé son état. Son style de vie hors glace et son image de playboy qui ont fait sa renommée; tout cela l’a finalement mené à sa perte.

Crédit photo: mesenescent.wordpress.com

À la suite de son gros contrat, le propriétaire des Bruins l’avait pourtant sagement averti que, pour quelqu’un qui n’est pas élevé à la richesse, cela ruinerait sa vie.

Sanderson n’a pas écouté. La première chose qu’il a faite a été d’acheter une voiture Rolls Royce et un manteau en fourrure de renard. Puis, sous l’impulsion du moment, il est parti à Hawaï pour une escapade d’un week-end avec plusieurs femmes.

Bobby Orr l’a beaucoup aidé dans ses moments difficiles et il est surprenant que Sanderson ne soit pas déjà mort. Les médecins lui avaient déjà diagnostiqué une colite ulcéreuse chronique, une maladie inflammatoire de l’intestin qui n’est pas aidée par une consommation excessive d’alcool. Plus tard, il a développé une cirrhose du foie. Puis, dans un délire d’ivresse, il a failli mourir de froid en dormant dans la neige. Il est également un survivant du cancer de la prostate.

Aujourd’hui, Derek Sanderson parcours l’Amérique, à titre de conférencier, pour parler aux jeunes joueurs d’hockey. Il a même raconté son histoire dans le livre Derek Sanderson Crossing the Line.

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